Madame Dine devient Maman


Ce jour où tout a basculé
En route pour ma première échographie, mon mari m'accompagne, tout heureux d'enfin pouvoir voir ce petit être qui grandit en moi, entendre son cœur battre et le voir bouger...
Je m'installe sur le fauteuil d'examen, le gynécologue commence à me poser le gel d'échographie, bouge avec sa manette dans tous les sens sur mon vendre, on entend enfin son cœur battre, mais il ne bat pas normalement, pas comme on entend souvent à la télévision. Un silence de plombs, pas un bruit, mon mari me tient la main, nos regards se croisent, nos cœurs se serrent, une larme coule de mon visage.
J'entends au loin parler le médecin "son cœur ne bat pas assez vite, je ne pense pas qu'il continuera à grandir" autour de moi, tout s'effondre. Cette annonce nous foudroie le cœur, personne ne parle. Mon mari me regarde les yeux remplit d'inquiétude, je ne sais quoi répondre alors je laisse couler mes larmes sans pouvoir les arrêter, "c'est fini!" Il était encore là, en moi, mais c'était la fin d'une belle historie
Le 3 janvier 2016 en pleine nuit j'ai perdu du sang, direction l'hôpital en urgence. On m'accueille. Sans plus tarder on m'installe dans une salle d'examen, au bout d'un long moment la gynécologue de garde arrive pour m'examiner. "Je n'entends rien!" me dit la gynécologue. Son cœur s'était arrêté de battre il y a quelques jours ou peut-être quelques heures, on n'entendait plus que le silence et nos larmes qui ne cessaient de couler.
La gynécologue m'a regardé ébahie comme si je ne m'y attendais pas, comme si pour elle c'était normal. Non ce n'était pas normal, on l'avait attendu tellement longtemps qu'on ne pouvait croire que cette belle aventure était déjà terminée.
À ce moment-là je n'avais qu'une envie c'était de fuir cet hôpital, courir loin et ne plus m'arrêter;
On m'a simplement dit, "revenez demain, on vous enlèvera ce qu'il reste" ces mots d'une telle violence, quelle horreur d'entendre des choses pareilles sortir de la bouche de personnes qui sont censées nous guérir!
Le lendemain de retour à l'hôpital, au pôle mère-enfant, j'ai été accueillis par une infirmière, qui me regardait comme une bête, comme si c'était moi qui avais décidé d'arrêter subitement ma grossesse, j'ai été traité, parce que le mot "traité" est bien approprié dans cette situation, comme une m****, aucun soutien moral, on me balance qu'il n'y a plus rien à l'examen gynécologique, que j'ai dû l'évacuer dans les toilettes, pendant mes contractions de cette nuit.
Et c'est tout! Ça c'est arrêté là!
Je n'en revenais pas et mon mari non plus! Cette impuissance que l'on a face à cette nature qui décide pour nous, face à ces personnes qui ne te comprennent pas ou n'ont tout simplement pas envie de compatir à ta douleur.
Un avortement c'est un choix et je le respect, mais une fausse couche, perdre spontanément un bébé tant désirer ce n'est pas un choix, on vous l'impose, on ne peut rien faire contre ça... cette douleur immenses qui envahit notre corps, qu'on ne peut pas contrôler, est quelques choses que je ne souhaite à personne. Encore aujourd'hui en vous racontant cette période de ma vie je ne peux m'empêcher de pleurer, car ce fût un des moments les plus durs de ma vie.